Publié le dimanche 25 janvier 2009

Les onze idées incongrues de l’Institut Économique de Montréal (IEDM)

25 01 2009

« Onze idées pour transformer le Québec »

Les onze idées incongrues de l’Institut Économique de Montréal (IEDM)

jeudi 24 janvier 2008, par Jimmy St-Gelais

Que penser des propositions de l’Institut Économique de Montréal dans son exposé « Onze idées pour transformer le Québec » paru dans le Journal de Montréal à la date du 12 janvier 2008 ?

À première vue, ces « idées » sont séduisantes, mais si on examine un peu plus à fond la trame maîtresse de ces suggestions, on voit nettement leur tendance à vouloir résoudre des problèmes sociaux-économiques complexes par des initiatives néolibérales qui avantagent indubitablement le monde des affaires, les classes sociales aisées et la pensée mercantile.

Alors voici une critique de ces 11 revendications de ce think tank de droite :

1- Hausser les droits de scolarité

« Le système actuel est porteur d’injustices envers les étudiantEs car tous paient les mêmes droits, en dépit des coûts différents des programmes et des perspectives d’emploi liées à chacun. Le gel actuel est une subvention déguisée profitant aux mieux nantis et à ceux dont les études rapporteront le plus. Par exemple, unE étudiantE en lettres paierait 1604 $ par session, soit moins qu’à l’heure actuelle. Un étudiant en médecine paierait 4627 $ par session ».

Donc, plus le coût d’une formation post-secondaire est élevé pour l’État, plus l’étudiantE devra s’endetter afin de terminer ses études. Mais la conséquence sera que les étudiantEs issus de milieux favorisés, eux, pourront payer facilement ces frais élevés dans les domaines les plus dispendieux, mais ceux des milieux défavorisés s’endetteront encore plus pour pouvoir être diplôméEs dans ces mêmes domaines.

On évoque que le gel et la normalisation des coûts des formations avantagent les plus riches. Une logique tordue difficile à saisir. Il s’agit en fait d’une mesure élitiste réservant les professions les plus estimées et les plus rémunératrices à un petit groupe dominant et décourageant les ressortissants des milieux populaires à suivre les mêmes études.

2- Remettre les assistés sociaux au travail

« Il reste une multitude de besoins non comblés qui font appel à de la main-d’œuvre non qualifiée : des personnes âgées, handicapées ou malades à visiter ou à promener, des bâtiments et des terrains publics à entretenir, etc. Offrir aux assistés sociaux de longue date aptes au travail le droit de gagner plus de 200 $ par mois, sans perte de prestation, à condition qu’ils travaillent 40 heures dans le secteur public ou parapublic. Ils effectueraient des tâches ne requérant pas de qualifications spéciales. Ils seraient payés au salaire minimum, de sorte qu’une partie de leur prestation (40 heures x 8 $ = 320 $) serait transformée en salaire. »

Essayons de lire entre les lignes : donc, les prestataires d’aide sociale entreraient en compétition avec les salariés qui occupent déjà ces fonctions dans le domaine public, notamment dans la santé et les services municipaux. Cette méthode ferait d’une pierre deux coups : on induirait une tendance à la baisse des salaires dans ces secteurs et on mettrait en échec les syndicats de la même façon. En plus, si on extrapole à l’extrême, les présents employés pourraient perdre leurs emplois et se retrouver eux aussi à la longue au chômage et à l’aide sociale ! Finalement, une politique qui déplacerait la pauvreté au lieu de la résorber.

Par ailleurs, rien ne garantit que les prestataires voudront travailler au salaire minimum qui constitue un revenu nettement insuffisant pour faire face aux coûts de la vie. N’oublions pas que travailler comporte des frais afférents : transport, frais de garde des enfants, etc. et que plusieurs préfèrent ne pas s’engager dans un emploi au taux le plus bas.

3- Des écoles contre le décrochage

« Créer un corps d’élite de 1000 enseignants et de 1000 employés de soutien qui seraient déployés dans 25 écoles de « performance » situées en milieu défavorisé. Les membres de ce corps d’élite seraient payés en moyenne 20 000 $ de plus par an que les autres employéEs du système. Ils seraient recrutés sur la base de leurs compétences. En outre, ils ne seraient pas syndiquéEs, ce qui permettrait de la flexibilité à l’embauche et leur remplacement rapide s’ils n’arrivaient pas à atteindre leurs objectifs. Leur mission : contrer le décrochage efficacement ».

Le but de ce projet peut sembler louable, mais quelLE enseignantE compétentE et expérimentéE irait perdre ses avantages syndicaux avec un incitatif monétaire si peu attrayant et la menace d’être renvoyéE s’il ne rencontre pas les objectifs ? Par ailleurs, le fait de se retrouver dans des écoles « à problèmes » n’incitera que peu de professeurs à migrer vers ces institutions d’enseignement.

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1 Commentaire :

Commentaire écrit le dimanche 25 janvier 2009 à 17:13:29 (lien)
L\'avocat du Diable
Il faut toujours se méfier des idées vertueuses de l'IÉDM. En dessous de chacune il y a un stratégie pour siphonner des fonds publics.

Des requins déguisés en dauphins!


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